Ça fait longtemps que ça trotte dans ma petite tête, mais aujourd'hui c'était la goutte d'eau comme on dit. Le sujet : la complainte de mes contemporains et leur naïveté navrante. Cette faculté qu'ont les gens a découvrir la vie à chaque coin de rue. On se croirait dans un remake de Candide.
Et mon boulot ne me plait pas, et ma famille me pèse, et ma belle famille me stresse, et au boulot ma chef raconte des saloperies sur mon dos, et comme disait Cabrel, et ça continue encore et encore c'est que le début d'accord d'accord.
Mais surtout, surtout, ne rien faire qui pourrait entrainer un quelconque changement, ne prendre aucun risque, pas de vagues. Continuer de faire des chèques en bois, même si vous êtes à découvert depuis longtemps déjà (je précise pour les plus crétins que ceci est une métaphore, pas du premier degré).
Je pense à cette scène des Bronzés font du ski dans laquelle Michel Blanc est furieux contre Lhermitte et lui dit "Je ne sais pas ce qui me retient de te casser la gueule", Lhermitte répond "la trouille peut être ?" et Blanc de rétorquer "Ouais ça doit être ça, aller, on rentre".
Voilà à quoi ressemblent les gens autour de moi. Je compte les gens constructifs sur les doigts de la main gauche de Django Reinhardt. Toujours les premiers à se plaindre, ah non pardon a "expliquer ce qui leur arrive", car chez ces gens la on ne se plaint pas Monsieur, on explique, subtile nuance. Mais sur l'échelle de la volonté et du risque graduée de 1 à 9, ça ne monte pas bien haut.
Attention je ne dis pas qu'il faut tout relativiser, je ne vous chanterai pas le couplet sur "dans le monde au même moment il y a plus malheureux que nous". Je me moque de ça, ce n'est pas le propos du jour.
Ton boulot te fait suer ?
Pourquoi ne pas en changer...
Zut, j'oubliais, tu ne peux pas prendre de risques car tu as une famille à nourrir.
Cruel dilemme et surtout excuse salvatrice. Il faut bien qu'il y ait un avantage à faire des gosses.
Alors dans ce cas si tu n'as pas les moyens de ton ambition, courbe l'échine et avance tête baissée. Mais par pitié, ne te plains pas. Sinon prends une feuille et écrit 100 fois "Je dois prendre des risques dans la vie si je veux avancer, je dois prendre des risques dans la vie si je veux avancer...".
Je dédicace cette chronique à Mélanie. Désolé de te mettre en avant comme ça, mais aujourd'hui tu as vraiment été la goutte d'eau. Je suis peut être trop exigeant, tu ne l'es peut être pas assez.

En tout cas aujourd'hui, une page vient de se tourner.